Antilibéral

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BNIP

« Bienvenue à tous pour cette cérémonie d’ouverture de la cinquantième Altercapitale ! Rappelons que l’Altercapitale est née il y a un demi-siècle, que dis-je, mieux que cela, un vingtième de millénaire, sous le nom d’Altervillage. Notre petit village a bien grandi depuis : Altervillage, Interville, puis Altercapitale. Tout d’abord je vous propose d’applaudir des quatre mains notre président qui a su mené à bien cette croissance accélérée grâce à un juteux et judicieux partenariat avec les BNIP ! »

Le président arrive alors sous des applaudissements nourris (et désaltérés).

« Merci à tous ! Vous êtes formidables ! Permettez-moi aussi de remercier les BNIP pour l’installation de ces magnifiques tentes en forme de, disons, de cylindre surmonté d’un cône, si vous voyez ce que je veux dire… non ? Bon, en forme de fusée, vous voyez ? D’obus. Remerciement aussi pour l’argent liquide (et solide) que les BNIP nous ont offert ! Remerciement surtout pour la nouvelle mode de la paix lancé par les BNIP. Aujourd’hui qui s’équipe chic s’équipe BNIP ! Dans chaque sac à main (ou à pied), dans chaque sac à dos (ou à ventre), une BNIP ! Après l’iphone, l’ipad, et l’itoilette sèche, La BNIP est devenue le gadget nécessaire de notre époque. »

« Oh, mais je vois des visages perplexes, y aurait-il quelques ringards qui ne connaissent pas encore les BNIP ? La BNIP, c’est la Bombe Nucléaire Individuelle Portative. Au siècle passé, le développement de l’armement nucléaire a permis l’établissement d’une paix militarisée dans les relations internationales, ainsi que la guerre froide grâce à laquelle la bête communiste a été terrassée. Aujourd’hui, la BNIP se propose d’apporter les mêmes bienfaits dans les relations individuelles. Et, au nom des libertés défendues par le premier amendement, pourquoi chacun n’aurait-il pas le droit d’avoir un équipement de défense nucléaire à sa disposition ? En cas de tentative de vol, ou si vous êtes abordés par un travailleur de l’agression sexuel, la BNIP est l’arme ultime qui mettra fin à toute violence. »

« Je vous souhaite donc une excellente Altercapitale. Cette année nos ateliers porteront sur le transit énergétique et l’entrée du nucléaire, et plus particulièrement sur les techniques permacultrices de valorisation des zones radioactives contaminés, lesquelles, comme chacun sait, ce se sont multipliées exponentiellement ces derniers temps. »

(texte écrit lors de l’atelier d’écriture de l’Altervillage 2014)

Photos de l’Altervillage 2012 et de l’action à Issoire

Voici quelques photos de l’Altervillage 2012 (avec la construction du toit du bar et d’une douche solaire), ainsi que de l’action militante réalisée à Issoire (ils sont beaux nos banquiers ! Sans parler de notre conférencier et de nos slameurs !). Très bonne ambiance où l’utopie s’approche du réel !

Logiciel Libre et José Bové

Le logiciel libre est un exemple « d’utopie qui fonctionne ». Cette utopie repose sur l’idéal du partage de la connaissance, un thème qui est aussi abordé dans le mouvement altermondialiste et par « la gauche » en général.

Lorsque deux personnes se partagent un gâteau, chacune des parts est réduite de moitié. Au contraire, lorsque l’on partage de la connaissance, ou d’autres « biens immatérielles », chaque personne peut obtenir la totalité de la connaissance originelle. C’est le cas lorsque l’on emprunte un livre dans une bibliothèque, par exemple. Le logiciel libre repose sur quatre libertés fondamentales qui garantissent le partage de la connaissance /index :

  1. la liberté d’utiliser le logiciel, pour n’importe quel usage,
  2. la liberté d’étudier le fonctionnement du logiciel et de le modifier (on parle d’accès au « code source », équivalent à la recette d’un plat ou à la partition d’une musique),
  3. la liberté de diffuser le logiciel, par exemple à vos amis,
  4. la liberté de diffuser des versions modifiées du logiciel.

Le logiciel libre s’est développé de manière décentralisé voire artisanale, par opposition aux logiciels propriétaires (c’est à dire non-libres), souvent issus de grandes multinationales, comme Microsoft. Le logiciel libre est aujourd’hui un succès : il est possible d’utiliser uniquement des logiciels libres sur son ordinateur. Ce mouvement de partage de la connaissance dépasse aujourd’hui le cadre du logiciel, pour être appliqué à la musique [2], à la connaissance encyclopédique [3], ou à d’autres « biens immatériels ». On parle alors du « libre » tout court.

Cependant, et de la même manière que les mouvements sociaux, écologistes ou altermondialistes, le logiciel libre doit affronter des menaces de la part des multinationales et des gouvernements français et européens. Ces menaces vont du non-respect de la loi pour préserver les grandes multinationales (vente-liée d’ordinateur et de logiciels [4]) et de la publicité déguisée pour les logiciels propriétaires (notamment à l’école [5]) à l’appropriation de la connaissance (brevets logiciels [6]) en passant par la criminalisation (interdiction de certains logiciels, DADVSI, lois liberticides [7]).

Le mouvement réuni derrière la candidature de José Bové et le mouvement du logiciel libre partagent des objectifs, mais aussi des adversaires, communs. Par exemple, nous faisons le rapprochement entre le combat contre les brevets logiciels [6] et le combat contre les brevets sur les médicaments (contre le Sida en Afrique notamment [8]) ou sur le vivant [9]. Mais nous faisons aussi le rapprochement entre les procès intentés aux faucheurs d’OGM et ceux intentés à de soit- disant pirates [7].

Une réponse politique est donc nécessaire, sur les questions liées au logiciel libre. Ce document contient nos réponses au questionnaire [10] que l’APRIL (Association pour la Promotion et la Recherche en Informatique Libre) a adressé aux candidats à la présidentielle.

Les principales positions et propositions que nous développons sont les suivantes :

  • le refus des brevets logiciels, l’abrogation de la loi DADVSI et des lois « liberticides »,
  • la création d’un droit à l’interopérabilité (permettant à n’importe qui de concevoir un logiciel capable « d’interopérer », c’est à dire de dialoguer, avec un logiciel existant),
  • l’utilisation massives des logiciels et ressources libres et des standards ouverts dans les administrations et dans l’éducation nationale,
  • la création d’un service public du logiciel libre, afin de développer sur fond public et de manière pérenne les logiciels libres nécessaires, notamment pour les administrations et l’éducation nationale,
  • l’obligation de rendre public les logiciels et articles scientifiques réalisés sur fond public (logiciel libre pour les logiciels).

/index [http://www.gnu.org/philosophy/free-sw.fr.html]

[2] [http://www.dogmazic.net]

[3] [http://fr.wikipedia.org]

[4] [http://racketiciel.info]

[5] [http://questions.assemblee-nationale.fr/q12/12-100005QE.htm]

[6] [http://brevets-logiciels.info]

[7] [http://www.silicon.fr/fr/silicon/news/2003/12/02/ouverture- proces-pirate-dvd-jon] , [http://www.sur-la- toile.com/mod_News_article_2586___.html]

[8] [http://www.monde-diplomatique.fr/2002/02/DEMENET/16129] , [http://www.actupparis.org/mot91.html]

[9] [http://www.ogmdangers.org/action/brevet/brevets_intro.htm]

[10] [http://candidats.fr]

Les réponsesdans le document PDF ci-joint sont une proposition de réponse au questionnaire de l’APRIL, réalisée par le groupe « Logiciel libre et José Bové ». Ces propositions ont été transmises au comité de campagne et sont en attente de validation.

reponse_candidats_fr.pdf

Appel à la création d’un groupe « Logiciel Libre et José Bové »

Appel à la création d’un groupe « Logiciel Libre et José Bové »

Le logiciel libre est un exemple « d’utopie qui fonctionne ». Il est porté par un mouvement associatif important, à la fois par les idéaux qu’il véhicule (le libre accès à la connaissance), les victoires qu’il a déjà remporté (par exemple contre les brevets logiciels), l’influence des personnes impliqués dans ce mouvement (beaucoup étant très actives sur Internet) voire même son poids économique.

Malgré cela, le logiciel libre est de nouveau menacé, par de nouvelles tentatives pour imposer des brevets logiciels en Europe, par des pratiques commerciales inéquitables de la part de grandes sociétés. De plus, l’utilisation des logiciels libres dans les administrations comme dans l’éducation progresse beaucoup plus lentement que ce qui serait souhaitable, tant pour la liberté d’accès à l’information que pour les finances publiques. Une réponse politique est nécessaire.

L’APRIL (Association pour la Promotion et la Recherche en Informatique Libre) a lancé récemment le site Internet candidats.fr pour interpeller les candidats à la présidentielle sur les questions politiques liées au logiciel libre. Elle demande en particulier aux candidats de répondre à un questionnaire assez pointu. Par ailleurs, notre programme antilibéral reste très vague sur ces questions.

Je propose donc de monter un groupe « Logiciel Libre et José Bové ». Les objectifs de ce groupe pourraient être :

  • Améliorer le programme Ce que nous voulons sur les questions relatives au logiciel libre et plus généralement les questions de propriété intellectuelle, de droit d’auteur et d’accès à l’information.
  • Rédiger un brouillon de réponse au questionnaire de candidats.fr.
  • Faire campagne pour Jové Bové et les candidats unitaires aux législatives, en particulier dans le monde du logiciel libre et/ou en utilisant des logiciels libres.

Une quinzaine de personnes ont déjà rejoints ce groupe. Si vous êtes intéressé-e, contactez moi en précisant quels sont vos domaines de compétences et d’intérêt !

L’orphelinat des causes (ou les diviseurs et le multiplicateur)

Notre mouvement unitaire s’est construit en rassemblant les anti- libéraux, notamment ceux du PCF et de la LCR, et aussi ceux d’autres partis ou hors partis. Mais notre rassemblement est vivant. Il évolue. Après la reculade de la LCR, la trahison du PCF, le retrait de PRS et des républicains, la dynamique créée par l’appel à José Bové, dans les mondes associatif, artistique voire scientifique, le rassemblement n’est plus le même.

Nous sommes partis avec tous les ANTI-libéraux, j’ai la conviction que, de départs en arrivées, nous allons rassembler tous les PRO- quelque-chose. Et bientôt nous pourrons mettre un nom sur ce « quelque chose » !

Le consensus n’est pas l’unanimité. Il y a consensus lorsque la décision choisie est acceptée par tous, y compris par ceux qui ne sont pourtant pas d’accord avec cette décision. Ce qui s’est produit à la réunion de Montreuil autour de la candidature de José Bové était ce qui pouvait se rapprocher le plus d’un concensus. Les républicains, portant opposés à cette candidature, n’ont pas mis de véto. Sur un nom, obtenir un « meilleur consensus » semble illusoire.

Contrairement aux candidats de division (Buffet, Besancenot), la candidature de José Bové est toujours unitaire car :

  • des écologistes soutiennent José parce qu’ils sont écologistes
  • des communistes soutiennent José parce qu’ils sont communistes
  • des gens d’extême gauche soutiennent José parce qu’ils sont d’extrême gauche
  • des associatifs soutiennent José parce qu’ils sont associatifs
  • des artistes soutiennent José parce qu’ils sont artistes
  • des simples citoyens soutiennent José parce qu’ils sont simples citoyens

La force de José Bové n’est pas dans le score électoral qu’il fera(it) seul, mais dans sa capacité à additionner les scores du PCF, de la LCR et des Verts si ceux-ci ne se présentaient pas. Mais se limiter à additionner les seuls PCF, LCR et Verts serait une erreur. Nous devons additionner bien plus large, car il existe de nombreuses « causes orphelines » qui ne sont défendues par aucun parti.

Il y a deux types de causes orphelines. D’abord, les causes consensuelles : tout le monde est d’accord pour faire de l’écologie, de la démocratie participative ou du logiciel libre. Il n’y a pas de candidat « anti-écologie ». Mais quand Sarkosy dit qu’il est « anti-OGM », faut-il le croire ? Rares sont ceux qui s’engagent vraiment dans ces causes consensuelles, parce que ce ne sont pas elles qui feront la différence dans les discours de deux candidats. Il y a un consensus pour en parler et pour ne rien faire.

Ensuite, les causes dont personne ne parle : par exemple l’enseignement de l’esperanto ou l’agression publicitaire. Aux déboulonneurs de panneaux publicitaires, le procureur a répondu qu’ils n’avaient qu’à former un parti et constater qu’ils étaient ultra- minoritaires ! (Voir l’article de Libé) Être minoritaire doit-il être synonyme d’aucun droit ? Les handicapés sont minoritaires, ils ont pourtant des droits, légitimes mais plus ou moins bien respectés.

José Bové, par son engagement profond dans certaines causes orphelines (OGM, malbouffe) peut être un candidat crédible sur ces causes. Elles pèsent peu électoralement ; mais assemblées bout à bout ou multipliées entre elles, cela peut peser lourd ! C’est pourquoi José Bové doit être le candidat des causes orphelines. Nous devons aller voir toutes les associations ou collectifs, du logiciel libre, des déboulonneurs de pub, de promotion de la culture régionale (bretonne, corse,…), de l’esperanto,… et enrichir notre programme de leurs propositions. Nous devons multiplier nos 125 propositions pour en faire plus de 1000 !

Compte rendu de la réunion des collectifs antilibéraux du 20/1/2007

Les interventions se sont essentiellement focalisées sur la présidentielle et l’appel à José Bové. Plus que la personne de José Bové, c’est la pertinence de présenter un candidat à l’élection présidentielle qui a concentré les débats. Les délégués ont très majoritairement exprimé leur soutien à l’appel (j’ai compté environ 40-50 interventions dans ce sens contre une demi-douzaine, sur un total de 75). Ces soutiens ne traduisent pas tous un « enthousiasme fou » mais plutôt une volonté de consensus. La capacité de l’appel à mobiliser au-delà des cercles militants a été mentionnée à plusieurs reprises.

Une forte tension était sensible entre les délégués et le collectif national, accusé de non-légitimité mais aussi de renoncement. Les membres du collectif national étaient beaucoup plus partagés sur la question présidentielle, et plusieurs considéraient que José Bové ne faisait pas consensus (notamment JL Gonneau et E Coquerelle) (Pour ma part, je pense que ce décalage s’explique en partie par le fait que le collectif national se base sur les PV qui remontent des collectifs. Or la situation évolue très vite, nous l’avons vu dans notre collectif. Les PV mettent du temps à remonter et ne reflètent plus forcément la situation actuelle des collectifs lorsqu’ils arrivent. Certains PV datent d’avant l’appel à José Bové, et cet appel a clairement changé la donne).

Des conditions ont été demandées à la candidature de José Bové : 1) une candidature dans le cadre des 125 propositions et du texte « ambition-stratégie » (avec parfois demande de clarification des rapports au PS) 2) qui soit collective, avec des porte-paroles 3) qui soit lié à aux législatives 4) qui demande le retrait des candidats de division

Il semble y avoir consensus sur le fait qu’une candidature n’est pas envisageable sans ces 4 points, et José Bové (qui était présent) s’est clairement prononcé en ce sens. S’il y a unanimité sur le point 4, la démarche à suivre en cas de non-retrait des candidats de division fait débat. Faut-il alors retirer notre candidat ou le maintenir ?

Plusieurs (j’en ai compté 10) interventions ont exprimé l’idée que nous ne pouvons pas être présents aux législatives sans être présents à la présidentielle. Le risque de récupération par le PCF des candidats unitaires législatifs a été évoqué plusieurs fois.

C Villier a évoqué la « peur de gagner ». C Autain a fait une intervention « généralité » que j’ai personnellement trouvée un peu creuse. H ben Sadia était plutôt opposée à l’appel à José Bové, mais est en train de changer d’avis. RM Jennar s’est prononcé pour José Bové, et considère que c’était une erreur de mélanger des appareils et des individus. F Bavay et JJ Boislaroussie se sont prononcés pour José Bové. E Coquerelle a proposé d’être présents seulement aux législatives. J Bové a dit qu’il avait « envie d’y aller » et se fixe jusqu’au 1er février pour se décider.

Y Salesse et C Debons étaient très sceptiques sur la candidature de Bové, mais sous la pression de la salle, ils ont tout deux proposés de lancer la campagne pour Bové, tout en prenant rendez-vous en mars pour déterminer si nous maintenions notre candidature ou pas, en fonction des ralliements des candidats de division et de notre place dans les sondages. Cette position pourrait faire consensus.

À plusieurs reprises il a été proposé de faire des grands meetings unitaires, pour prendre le poul de la mobilisation et éventuellement lancer la campagne. Cela semble faire consensus.

La commission sur la présidentielle était très tendue ; il y avait beaucoup de monde et pas de micro, ce qui rendait les débats très pénibles à suivre. Je ne suis pas resté jusqu’au bout.

Là où sera la dynamique populaire, nous serons !

En 2006, nous espérions qu’une dynamique populaire porterait notre mouvement. Malgré un frémissement, cette dynamique n’a pas eu lieu. Puis Buffet est passée en force, en espérant qu’une dynamique populaire se crée autour de sa candidature. En vain. Et pouf ! Voilà qu” UNE DYNAMIQUE POPULAIRE NAIT AUTOUR DE JOSÉ BOVÉ (voir mon analyse précédente).

Cette dynamique ne se crée pas exactement sur les positions du rassemblement unitaire antilibéral (notamment le candidat consensuel). À partir de là, nous devons choisir. Soit nous restons figés, nous nous fossilisons sur nos positions. Ce serait commettre la même erreur que le PCF et la LCR, qui refusent de reconnaître l’absence de dynamique derrière les candidatures Buffet et Besancenot.

Soit nous nous adaptons. Nous disons :  » LÀ OÙ SERA LA DYNAMIQUE POPULAIRE, NOUS SERONS ». Nous faisons nôtre la candidature antilibérale de José Bové, même si elle ne réalise pas le consensus parfait entre nous. Car ce qui compte vraiment n’est pas ce qui se passe « entre nous ». Un candidat choisi par la dynamique est le meilleur choix possible ; l’élection présidentielle n’est pas la rencontre entre un homme et les militants ! Les primaires internes du PS, de l’UMP et du PCF sont une erreur.

La dynamique populaire ne se commande pas. C’est elle qui doit nous commander. Elle surgit de manière inattendue, comme lors de la campagne du Non, et on ne peut que la saisir au bond. Citons Yslaire (ça change de Marx !) : « C’est toujours la foule qui décide des révolutions. Il faut la suivre ! ».

La candidature de José Bové peut-elle être « la candidature unitaire » ? Dans mon collectif, il y a toujours des militants PCF et des militants LCR. Des écologistes et des socialistes, et les autres sensibilités ne sont pas parties non plus. Toute la gauche est réunie. Donc LE RASSEMBLEMENT EST TOUJOURS UNITAIRE. L’unité n’a jamais été conçue comme la totalité des antilibéraux, en effet LO et le PT n’en ont jamais été.

Comme la LCR, l’appareil PCF ne doit disposer que d’un rôle d’observateur au sein du collectif national, au moins en ce qui concerne la présidentielle. Le PCF jouait un rôle un peu particulier car il s’est beaucoup investi dans la création des collectifs. Mais tout enfant doit s’émanciper de ses parents : NOUS AVONS TRAVERSÉ NOTRE CRISE D’ADOLESCENCE, IL EST TEMPS DE GAGNER NOTRE INDÉPENDANCE.

Nous pouvons donc légitimement déclarer une candidature unitaire, sans l’aval de la direction du PCF, mais avec celui d’une partie de ses militants. Pour autant, n’abandonnons pas tout espoir de voir revenir le PCF et la LCR dans l’unité. Pour cela, il faut un rapport de force que seule une candidature portée par une dynamique peut construire.

La dynamique populaire est un rouleau compresseur. Et juste devant le rouleau, nous avons Buffet et Besancenot. S’ils restent, ils se feront écraser. S’ils s’écartent, s’ils retirent leurs candidatures, cela risque d’être pris pour une défaite, voire une humiliation. Nous devons tout faire pour que cela ne soit pas le cas : Buffet et Besancenot ne doivent pas s’éloigner du chemin du rouleau compresseur, ils doivent monter dedans. Nous devons réfléchir à une « porte de sortie honnorable » pour réparer les erreurs des partis et leur tendre la main.

Où en est-on dans le Bovéthon ?

Parce que la campagne pour la pétition « Unis Avec Bové » a de furieux accents de politique autrement…

Parce que nous sommes des « créatifs culturels »…

Et parce que l’inspiration artistique, comme la dynamique populaire, ça ne se commande pas !

Voici donc la chanson du Bovéthon ! Vous trouverez à la fin des liens vers les partitions et les enregistrement aux formats Ogg Vorbis ou MP3. Musicalement, c’est un mélange de chanson française, de reggae et de chant traditionnel. Je suis assez satisfait de la chanson et de la mélodie, mais l’enregistrement est pas forcément de super qualité… j’en referai peut-être un autre quand j’aurais plus de temps. En attendant, faites tourner !

J’me r’connais pas dans les partis politiques J’ai pas la discipline j’aime pas la rhétorique À la douleur sociale je n’suis pas insensible C’est en chantant que je défends la masse invisible C’est en votant que tu défends la masse invisible

Mais où en est-on dans le Bovéthon, Ouais où en est-on dans le Bovéthon ? 100 signatures !

Des enfants qui étaient hier à l’école Aujourd’hui sont dans un avion qui décolle Ils avaient des amis, ils avaient des cahiers Mais leurs parents, ils n’avaient pas de papiers

Mais où en est-on dans le Bovéthon, Ouais où en est-on dans le Bovéthon ? 600 signatures !

Des jeunes qui avaient mis le feu à la banlieue Sont en prison pour avoir fait révolution Les politiques qui ont promis des crédits S’les sont gardés et sont toujours en liberté

Mais où en est-on dans le Bovéthon, Ouais où en est-on dans le Bovéthon ? 5 000 signatures !

Des gens qui n’ont en guise de toit qu’une tente Et y’en a d’autres dormir dehors ça les tentent Sur le canal z’ont mis un bordel innommable Qu’il va falloir un droit au logement opposable

Mais où en est-on dans le Bovéthon, Ouais où en est-on dans le Bovéthon ? 10 000 signatures !

Et pour changer le monde et pour changer la vie José Bové propose un nouveau mode de vie On va remettre l’OMC sur la table Obliger le commerce à être équitable On arrêt’ra la bourse pour ne plus qu’elle grimpe Et tu verras la vie redeviendra plus simple Alors on va créer un anti-parti Pour être en désordre de marche dès lundi

Mais où en est-on dans le Bovéthon, Ouais où en est-on dans le Bovéthon ? 100 000 signatures !

bovethon.ogg

bovethon.mp3

bovethon.pdf

Nous avons été trop politique (ou la nounou et le paysan)

La pétition pour la candidature de José Bové a recueilli en quelques jours plus de 7000 signatures, soit plus que la pétition pour des candidatures unitaires du 11 mai. Comment une candidature « isolée » peut-elle avoir plus de soutien que le rassemblement unitaire ?

LE LIBÉRALISME N’EST PAS UNE DOCTRINE POLITIQUE, C’EST UN MODÈLE /index que l’on peut appliquer à tout et à n’importe quoi : à la politique, à l’économie mais aussi aux rapports sociaux entre les individus, au mode de vie, à la démarche artistique ou scientifique,… [2]

À partir de là, CONCEVOIR NOTRE MOUVEMENT COMME UN MOUVEMENT POLITIQUE ÉTAIT UNE ERREUR. Nous n’avons rassemblé que la frange politique de ceux qui luttent contre le libéralisme, c’est-à-dire la partie émergée d’un iceberg.

Comment ne pas voir les centaines de milliers de personnes qui luttent quotidiennement contre le libéralisme en dehors de la sphère politique, dans les mouvements du logiciel libre, des déboulonneurs de pubs, des enfants de Don Quichotte, du commerce équitable, du réseau éducation sans frontière, des associations de défense de l’environnement, etc, sans oublier les artistes, les poètes, les rêveurs, les créatifs [3], les idéalistes ? Ce sont eux qui signent pour José.

De même, un programme politique n’est pas suffisant pour affronter le libéralisme. Notre programme (les 125 propositions) est politique, il n’introduit ni mode de vie, ni courant artistique. Il ne définit pas un nouveau modèle pour remplacer le libéralisme et ne fait qu’adapter ce dernier (certe plus radicalement que le programme socialiste).

De même lorsque Buffet dit à Bové de « s’occuper des problèmes des salariés », elle a tort : LES GENS VEULENT UN EXEMPLE, PAS UNE NOUNOU. Maison écolo, paysan alors qu’il a fait des études… José Bové incarne un mode de vie différent. Aujourd’hui les nouveaux modèles viennent de l’altermondialisme, de l’écologie radicale, de la décroissance. Le PCF, lui, n’a plus de modèle depuis la chute de l’URSS.

Il faudra choisir, car les « antilibéraux apolitiques » ne se rangeront pas derrière les partis. Et si les partis ne changent pas leur position en 2007, ils ne la changeront pas après, car nous avions pour 2007 un contexte très favorable (la victoire du Non), et ils ont déjà connu des désastres électoraux (les 3% de Robert Hue). Mais y a-t-il plus de gens qui militent dans les partis, ou plus de gens qui refusent catégoriquement de se ranger derrière les partis ?

D’où ma conclusion : NOUS NE DEVONS PAS LAISSER LE MONOPOLE DES URNES, NI AUX PARTIS, NI À LA POLITIQUE ! Nous avons le devoir de déboucher sur quelque chose, sous peine d’accroître la désaffection pour les élections, et donc le vote d’extrême droite et l’abstention.

[1] voir http://fare.tunes.org/articles/liberalisme.html#Qu_est_le_liberalisme

[2] à titre d’exemple, la manière dont le rassemblement unitaire a regroupé des militants organisés et des inorganisés sans tenir compte de cette différence, est fondamentalement libérale. Nous avons mis ensemble le PCF et des individus non organisés, et nous leur avons dit « militez à armes égales ! », de la même manière que l’OMC met ensemble les USA et les pays du Tiers Monde et leur dit « commercez à armes égales ! ». Mais les règles qui s’appliquent à une organisation ne peuvent pas être les mêmes que celles qui s’appliquent à un individu.

[3] voir http://www.grainvert.com/article.php3?id_article=25_mode=recalcul

Participez au « Bovéthon » !

Pour une fois, voici quelqu’un qui n’a que moyennement envie d’être candidat à l’élection présidentielle, et qu’il faut convaincre à coup de pétition…! Il s’agit de José Bové.

Et comme ce candidat est capable de recréer l’unité de la gauche radicale, qu’il est le seul à avoir des vrais solutions écologiques (comme anti-productivisme), et qu’en plus sa dimension de rebelle contestataire lui permettent de récupérer des voix à l’extrême droite et à l’abstention, j’ai signé et je vous invite à faire de même !

Signez la pétition !